Divacore, une société française de produits audio qui commence à se faire un nom dans ce milieu hyper disputé, a sorti en fin d’année dernière leur nouveau produit phare: les Antipods. Anti Airpods d’Apple par définition, ces intras sans fils viennent marcher sur les plates-bandes des modèles à la pomme avec la furieuse envie de leur prendre la première place. Mais en ont-ils la capacité ? C’est ce que nous allons voir dans ce test où nous allons en profiter pour les comparer aux modèles d’Apple.

Présentation

Divacore a l’habitude depuis quelques temps maintenant, de nous envoyer des exemplaires à tester et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils savent concevoir des écouteurs et des casques de qualité. De par leur conception sérieuse mais également de leur qualité audio.

Dans le cas des Antipods, on trouve dans une petite boire noire, les écouteurs, un support en forme de galet qui sert à transporter mais également à recharger les écouteurs, un manuel très succinct et un petit câble micro-usb permettant de recharger le support. Trois paires d’embouts sont fournis afin de s’adapter au plus grand nombre d’orifices auditifs possible.

Les matériaux choisis sont très agréables, le support en caoutchouc soft est doux au toucher mais risque d’être plus salissant qu’un plastique dure et brillant. C’est un choix qu’il a fallu faire, mais perso on aime bien. C’est joli, très bien fini et seul la prise micro-USB apparaît derrière. En revanche, c’est gros. Très gros. Ayant l’habitude de porter des Airpods en permanence dans la poche arrière, l’étui d’Apple se fait complètement oublier, là où celui de Divacore n’est pas agréable à porter sur soi, et devient très gênant lorsqu’on s’assoie.

Derrière la vitre légèrement fumée, sont installés les Antipods. Pour les déloger de leur emplacement, ce n’est pas une mince affaire au départ, mais on prend vite le coup. Évitez d’avoir les mains mouillées ou moites, les Antipods vous glisseront des doigts inexorablement pour se loger de nouveau dans leur trou. Ceci également dû aux aimants qui retiennent les écouteurs, même si l’on retourne l’étui.

Les écouteurs sont de conception particulière. Ils ne sont pas ronds, ni ovales, ni carrés, ils sont… tout ça à la fois. Leur forme particulière leur permet de se loger dans le conduit auditif et de le recouvrir le plus possible. Dès lors qu’on sait comment les loger. Et là le détail est très important car un mauvais positionnement peut avoir un effet néfaste comme une mauvaise isolation ou un mauvais rendu audio, voire finir par être très inconfortable. En gros, le bouton gris sur chaque écouteur doit se trouver à l’horizontal, et le micro qu’il possède, dans la direction du visage.

De couleur blanc mat dans notre modèle de test, ils sont doux au toucher, très agréable et se manipulent très bien. Un bouton gris poli sur chaque écouteur est parfaitement ajusté. Niveau conception, c’est propre, rien à dire. Et revanche, ils sont très gros. La faute au système audio et batterie qu’ils renferment. Ils sont bien plus gros que les Airpods, ce qui les empêche, par exemple, de les faire tenir sous un casque de moto, contrairement à leur homologue de chez Apple. Au bout d’un moment le casque fait pression sur les écouteurs et devient vite désagréable pour l’oreille.

De même, même s’ils tiennent bien dans l’oreille en statique, ils donnent l’impression de glisser et tomber lorsqu’on marche, sans savoir s’ils tombent réellement ou si ce n’était qu’une impression…. Toujours est-il qu’on a toujours le réflexe d’appuyer dessus pour les remettre dans leur logement… et se rendre compte qu’en fait ils n’avaient pas bougé.

Niveau ergonomie, un petite led ultra discrète informe l’utilisateur de l’état des écouteurs, en cours de connexion, connectés ou à recharger très vite.  Concernant les embouts de différentes tailles, ils devraient satisfaire une majorité d’entre nous. Pour ma part, ayant utilisé les mediums, ils s’adaptent parfaitement à mon conduit auditif. Pour être sûr de satisfaire tout le monde, une paire d’embouts en mousse à mémoire de forme aurait été parfait.

Chaque écouteur possède donc un bouton gris qui n’a pas la même utilité. Si les deux boutons sont utilisés pour allumer les écouteurs et le pairage à votre smartphone, seul le bouton de gauche est ensuite utilisé pour la partie commande. Un appui court pour décrocher un appel, un appui long pour raccrocher. Et pour la partie musicale, un appui court pour PLAY/PAUSE, deux appuis pour le morceau suivant et trois appuis pour le morceau précédent. Pas très intuitif mais on s’y fait. Nous aurions préféré que les deux boutons soient utilisés. Mais à quoi sert l’autre bouton dans ce cas, me direz-vous ? Les Antipods ont la particularité de pouvoir être dissocier et d’en appairer un sur un smartphone et l’autre sur un autre smartphone.

En revanche aucun contrôle du niveau sonore, il faudra passer par votre smartphone.

Quand on a goûté au Airpods, on a du mal à se passer de ses petites choses qui font la différence : Si les boutons des Antipods sont bons, une navigation tactile aurait été meilleure et aurait sans doute contribué à réduire la profondeur des écouteurs. De même, le côté « je coupe le son quand j’enlève un écouteur » est un plus non négligeable qui est absent chez les Antipods.

A l’écoute.

Nos écouteurs bien chargés, le pairage se fait non sans difficulté. Il nous a fallu nous y reprendre à plusieurs fois avant que les deux écouteurs se mettent d’accord. Une fois réussi, une voix nous indique dans chaque écouteur qu’il est connecté, qui est le droite, qui est le gauche. Petite remarque, une fois les écouteurs appairés correctement la première fois, nous n’avons plus eu de problème de connexion rapides les fois suivantes.

Premières impressions. L’apparition de la musique en mode fading est top. Lorsqu’on reprend un morceau au milieu par exemple, le son n’arrive pas d’un coup mais progressivement, c’est très agréable pour les oreilles. L’effet nommé 3D est bien là. La spatialisation est très bien rendue. Le son arrive au centre de l’oreille et se propage tout autour. Pour le coup c’est une réussite. Le rendu est très agréable.

Pour ce qui est du reste, si les Antipods sont globalement bons, ils ne sont pas les maîtres de l’équilibre musical. Sur certains morceaux métal de Motionless In White ou Five Fingers Death Punch, débordant de basses et de guitares saturées, les médiums se faisaient très petits et il fallait aller chercher les aigus tout au fond là-bas. Sur des morceaux plus neutres et plus équilibrés, les Antipods retrouvent un certain équilibre, certes assez neutre, mais équilibre tout de même. Un équilibre assez fragile si le morceau suivant se veut plus aigus et dans ce cas ce sont les basses qui se font plus (trop?) petites.

C’est très étonnant… Alors que des modèles d’autres marques sont considérées comme plus « basseux » ou totalement neutre mais équilibrés, les Antipods ont tendance à s’adapter au morceau qu’on écoute et créer eux même un déséquilibre en fonction des fréquences présentes.

Pourtant élevés au bon grain du métal accompagné de limpides et douces voix hardcore, nous nous sommes dit, qu’il fallait vraiment les tester avec d’autres styles de musique et ne pas se limiter à la grosse gratte saturée. Un test sur le morceau « Novocaine For The Soul » du groupe EELS (Beautiful Freak) met parfaitement en avant cet équilibre fragile. Le morceau commençant par des mediums et aigus, la voix très bien rendue, limpide…. Au bout de 30 secondes, la basse se met en route et elle étouffe tout le monde. En les comparant aux Airpods, les modèles d’Apple sont pour le coup un modèle d’équilibre. Tout le monde cohabite à merveille, même sur des morceaux difficiles.

« WoderWall » d’Oasis est un bon exemple également. Le morceau commençant sur des médiums, guitare acoustique sur le devant de la scène. Dès que le chanteur se montre, sa voix couvre tout le monde. Et dès que les basses arrivent, ce sont elles les maîtres du jeu. Au final le rendu n’est pas mauvais. La spatialisation est très bonne, Mais Il faut les choisir en connaissance de cause et en fonction de ce qu’on écoute. Les fans de grosses basses seront ravis, les autres moins et préféreront quelque chose de plus neutre, quitte à perdre en caractère ou signature audio spécifique.

Nous avons remarqué auprès de nos confrères et amis ayant testé les Antipods que beaucoup ont été victimes de problème de déconnexion intempestives d’un des écouteurs. Que ce soit en musique ou pendant les appels téléphoniques. De notre côté nous les avons depuis le mois de décembre, et si d’un point de vue technique nous avons eu des problèmes à les appairer la toute première fois, nous n’avons jamais subit de déconnexion d’un des écouteurs. Tout comme d’autres marques d’intra sans fils, ils ont fait preuve d’une stabilité sans faille. Avons-nous eu de la chance en tombant sur un modèle d’une série non défectueuse ? Sans doute. Ceci étant, Divacore ayant eu vent de ce problème, nul doute qu’ils sont sur l’affaire.

En ce qui concerne les appels, quelle a été notre surprise. Si les appels sont bons, si l’on entend distinctement notre interlocuteur, les Antipods ne sont pas les meilleurs en termes de qualité audio dans ce domaine. Pire encore, l’appel ne se fait que… sur un écouteur. Pourquoi pas les deux ? Un choix de Divacore ou une impossibilité technique ? Les deux écouteurs sont vu comme un seul périphérique sur le smartphone mais nécessitent d’être tous les deux appairés, comme deux périphériques distincts. Est-ce que cela engendre une limitation technique dans le renvoie d’appels, qu’on ne trouve pas lors de l’écoute musicale ?

Si l’autonomie est donnée entre 6 et 8 heures, en ce qui nous concerne, les 7h ont été dépassées. Cela reste très bon, comparé à leur rival d’Apple qui est donné pour 5h.  Mais cette autonomie est à relativiser. Tout comme les Airpods, dès que vous n’utilisez plus vos Antipods, vous les remettez dans leur boite (ils vont alors s’éteindre) qui va donc les recharger. Dans les fait, vous pourrez les utiliser pendant des jours avant qu’ils ne rendent les armes. Si vous pensez à recharger le support quand il faut (il a une autonomie de 24 heures tout de même), il est peu probable que vous vous retrouviez à court de batterie.

 

Conclusion

Nous en avons entendu des vertes et des pas mûres concernant ces Antipods. Tantôt hissés sur un trône comme produit de l’année 2017, puis descendu en flèche pour des problèmes techniques et une qualité audio pas à la hauteur, il nous fallait nous rendre compte par nous-même de ce que nous avions dans la boite. Et la réponse est simple. Non, les Antipods ne sont pas de mauvais écouteurs. Et Non, les Antipods ne sont pas les meilleurs écouteurs du marché. Si leur qualité audio risque d’être sélective vis à vis les clients, et auront tendance à être plus apprécier des fans de basses que des autres, le rendu spatialisé est très bon, même meilleur que sur les Airpods d’Apple. Cet équilibre musical assez bizarre pour nos oreilles, font qu’ils ne seront pas forcément le meilleur choix. D’autres marques possèdent des modèles, certes plus neutres, mais à l’équilibre parfait et qui conviendront au reste de la population.

Niveau esthétique, les Antipods ont une finition et une conception sans faille, un bon confort, même si leur taille et leur poids ont été un frein dans notre utilisation (sous un casque de moto, dans notre cas). Certains ont mis l’accent sur un confort précaire, voire désagréable. Ce qui n’est pas notre cas. S’ils sont plus lourd et n’arrivent pas à se faire oublier, ils se sont avérés agréables à porter et l’embout que nous avons utilisé nous convenait parfaitement.

A noter que les Antipods se sont montrés très fiables, contrairement à certains autres modèles testés par nos confrères. Même si la partie téléphonique surprend lorsqu’on ‘entend l’interlocuteur que dans une oreille, notre modèle ne nous a pas lâché et aucune déconnexion intempestive n’a été remarquée.

Proposés en blanc ou noir à 119€, les Antipods ne sont donc pas les meilleurs écouteurs sans fils du marché, mais ils sont une bonne alternative à ceux qui ne veulent pas débourser le prix fort pour les modèles d’Apple. En revanche, un conseil nécessaire et obligatoire, essayez les pour vous faire une idée et surtout savoir s’ils conviendront à votre style d’écoute.