Il y a quelques semaines nous avons eu la chance d’être invité par Audi France à prendre part à une course d’endurance automobile amateur organisée par le constructeur pour ses clients et prospects : Audi Endurance Experience, ou Audi 2E, 3 courses de 3 heures par équipe de 5, pendant 2 jours de folie au circuit de Magny-Cours.

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Les « Audi endurance experience » sont de véritables courses d’endurance sur circuit accessibles à des pilotes amateurs. Des équipages de 5 pilotes se partageront le volant d’Audi A3 1.8 TFSI 180 cv équipées du système quattro lors de 3 courses de 3 heures. Un instructeur/team manager, sera affecté à chaque équipage durant la totalité de l’épreuve et guidera pas à pas « son » équipe : du coaching « on-board » jusqu’à la stratégie de course!

Notre session a lieu à Magny-Cours, sur le circuit de Formule 1 où se courrait le Grand Prix de France il y a encore quelques années. A notre arrivée sur place, nous devons terminer notre inscription à la course en échange d’un certificat médical nous déclarant apte à la course automobile. En effet, si c’est Audi France qui organise cet événement avec ses clients, les épreuves de courses sont elles sous la direction et même la responsabilité de la Fédération Française du Sport Auomobile. En un mot, on a une licence de sport auto délivrée pour l’événement et on ne rigole ni avec les consignes de sécurité, ni avec les règles du sport auto. C’est une course amateur certes, mais ça ressemble quand même beaucoup à une vraie course. En gros.

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On récupère donc, comme les vrais, une tenue complète homologuée FIA que l’on ne quittera pas vraiment pendant 48h : Combinaison, chaussures « de course », gants, cagoule… On est encore dans les vestiaires qu’on s’y croit déjà.

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Une fois tous prêts, direction le briefing de course pour nous expliquer le déroulement de ces 48h, les consignes de sécurité, les épreuves… La tension est déjà palpable parmi les participants. Il y a plus d’une centaine de pilotes amateurs répartis sur 23 équipages de 5 personnes. Certains ont déjà participé à l’Audi Endurance Experience par le passé, mais c’est aussi une première pour tous car la voiture a changé. Les Audi A1 des saisons précédentes sont remplacées par des A3 180ch TFSI quattro. C’est l’occasion pour Audi de démontré les qualités de sa transmission quattro auprès de ses clients, et quoi de mieux qu’une course auto pour prouver les qualités du système ?

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Après le briefing, direction les stands, pardon, les « boxes » pour découvrir notre A3. Au premier regard, on a oublié qu’on avait affaire à une voiture de série à peine modifiée. En effet, à la vue des stands et de la vingtaine de A3 alignées et avec leur allure racing, on n’est plus dans une concession mais bien sur un circuit.

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Pourtant l’A3 est exactement la même que celle que l’on peut conduire tous les jours, exception faite des organes de sécurité obligatoires et des pneus. Elle a donc été vidée de ses sièges et de la majeure partie de l’intérieur, pour accueillir un arceau de sécurité, deux sièges baquets, des ceintures aviation 5 points, un coupe circuit et un extincteur. L’opération allège la voiture de quelques dizaines de kilos. Pour le reste, tout est d’origine, de la boite S-Tronic aux plaquettes de frein.

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Après avoir fait connaissance avec notre team manager, les essais libres commencent. Nous avons 3h30 pour prendre en main la voiture et nous familiariser avec le circuit… En effet le soir même a lieu la première course. De nuit. Pendant 3 heures. Le temps de digérer cette information et nous prenons tour à tour place dans le baquet passager pour découvrir le circuit avec notre team manager.

Le tracé de Magny-Cours sur lequel nous courrons est le tracé de la Formule 1, 4 kilomètres avec de longues lignes droites et surtout des virages à apprendre très rapidement à prendre très lentement. On se familiarise avec ces noms qui vont faire partie intégrante de nos discussions pendant 2 jours : Adélaïde, le 180°, Estoril…

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Après la reconnaissance vient le temps de prendre le volant de la A3… De l’appréhension mais surtout beaucoup d’excitation : on roule sur un circuit, dans une combinaison intégrale, avec des gants, un casque et le fameux HANS, une protection anti-coup du lapin qui n’est pas des plus confortables derrière la nuque. Il fait très chaud, on transpire, sanglé comme jamais dans son baquet… MAIS QUEL PIED ! Les tours de circuit avec notre team manager en copilote nous permettent de prendre nos marques, mais il y a beaucoup d’informations à intégrer en très peu de temps. Sur la piste sont matérialisés les points de freinage et les trajectoires avec des plots et ce n’est pas de trop pour nous aider. On ressort de la voiture en se disant q’il y a beaucoup à apprendre en bien peu de temps, mais on a tous le sourire aux lèvres… Ce n’est pas tous les jours qu’on nous demande d’aller plus vite, plus vite et encore plus vite, avant d’écraser les freins brutalement au point de freinage, en espérant impressionner notre coach avec un beau freinage dégressif !

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Les tours s’enchainent et nous apprenons aussi à gérer les passages de relais pour perdre le moins de temps possible dans les stands. Ca hurle « POSITION PARKING, COUPE LE CONTACT, RECULE TON SIEGE » puis on s’extrait tant bien que mal du baquet pour le suivant… L’opération prend 30 à 40 secondes quand tout se passe bien.

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Après avoir tous fait quelques tours avec notre coach en copilote, nous sommes désormais livrés à nous-même dans notre A3. La sensation est différente. Moins de pression, moins d’informations qui affluent, plus d’autonomie pour piloter. La séance d’essais libres touche à sa fin, avec l’impression qu’on ne connait pas du tout le circuit alors que deux heures plus tard la vraie course, de nuit, débutera…

C’est un tirage au sort qui a attribué les positions sur la grille de départ. En endurance, le départ est dit « lancé ». Après un tour derrière la Safety Car (une R8 V10+, faut pas gâcher), dans la ligne des stands et alors que les feux passent au vert, la course est lancée pour 3 heures.

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La course de nuit pour débuter une expérience de course auto, ça peut paraître un peu dingue, mais en fait, ça se passe très bien. Le circuit est bien éclairé, les A3 ont de bons phares et rien que pour admirer les disques de freins chauffés à 500° ça vaut vraiment le coup. On enchaine les relais et les temps au tour commencent à tomber. Les stratégies des équipes animent les stands d’un ballet incessant de voitures et on ne voit pas le temps passer. En 3 heures de course, chaque pilote a l’obligation de faire au moins 10 tours, ainsi chacun passe +/- 35 minutes sur la piste. On se prend au jeu et chacun fait de son mieux. Et ce sourire qui ne quitte plus nos visages… Après 3 heures de course, nous terminons 2eme de notre catégorie ! (où courent 3 voitures, mais chut. On est deuxième !). 
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Le lendemain matin démarre la seconde course. La nuit a été courte. Les voitures ont été révisées et remises à neuf pour la journée. Mais il n’y aura pas de remplacement de pneumatiques ou de plaquettes entre les deux manches de la journée. On entame en fait une course de 6 heures, avec une pause au milieu. Il va falloir gérer « les consommables » car le changement de ceux-ci est pénalisé de 5 ou 10 minutes d’immobilisation… Avec un temps au tour de 2min25, on se rend compte qu’il va falloir gérer.

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Telle une équipe de professionnels, nous reprenons tour à tour, le volant, puis notre rôle dans les boxes, lors des changements de pilote, puis le volant, puis le transat… La fatigue se fait sentir mais l’adrénaline est plus forte. Entre faits de course, sortie de la Safety Car après des accrochages, pénalités et stratégie de course, on atteint la mi-course en ayant bien géré nos consommables, mais avec une place peu enviable au tableau d’affichage…

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Un mot sur le quattro :

Nous sommes maintenant bien habitués à notre A3 et on se rend compte que la transmission intégrale permanente quattro change complètement la façon d’aborder les trajectoires. On peut être beaucoup plus agressif car le quattro répartit la puissance sur les roues qui ont de la motricité et empêche la perte d’adhérence même dans les grandes courbes où une traction – ou une propulsion – auraient décroché à vitesse égale. Cette permissivité du quattro dans un contexte de course auto est une belle preuve de performance du système.

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Retour à la course. Il nous reste 3h pour jouer une stratégie d’arrêts décalée en espérant que nos plaquettes et nos pneus tiennent le coup. Mais dans le premier tour de la dernière manche, une alerte électronique coupe la pleine puissance du moteur et nous fait perdre de nombreuses places alors que la grille inversée nous avait été bénéfique. On avait presque oublié que faire la course avec une voiture de série pouvait quelque peu maltraiter l’électronique… Pour ne rien arranger, nous devons changer les plaquettes quelques tours plus tard… Nous sommes il faut bien l’avouer, en queue de peloton. C’est le moment que je choisis pour perdre encore plus de temps : en grand fan de Jean Alési, je suis allé au bout du bac à gravier sur un freinage totalement raté, tutoyant les rails… Notre belle A3 est balafrée mais après un rapide débosselage de l’aile qui touchait (un peu) la roue, on repart de plus belle… Les autres équipages de notre catégorie ont aussi droit à leurs péripéties, si bien que l »excellente fin de course de notre équipe nous fait terminer à quelques secondes de nos concurrents. Et comme on est 3 dans notre catégorie, on termine toujours sur le podium !

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Drapeau à damier, podium, trophées, acclamations, tout le monde est exténué mais ravi d’avoir participer à cette expérience de l’endurance pour de vrai, côté piste. Une expérience incroyable tant tout est réussi, des voitures à l’organisation, l’ambiance, les à-côtés, tout participe à faire de cet événement un souvenir inoubliable. Mieux qu’à Disneyland.

Un grand merci donc à toutes les équipes Audi, Oreca, pour l’organisation et leur disponibilité sans faille et un autre grand merci à William Crozes pour ses photos magnifiques.

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And last, but not least, un gros BIG UP à mes équipiers de la #team310 : Alexandre, Jean-Charles, Maxime et Romain, sans oublier Cédric notre team manager de choc !

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