Chez Taeko, en plein cœur du Marais parisien, ça vibre et ça pétille au rythme du Marché des Enfants Rouges, un marché couvert proposant mille et un plaisirs des yeux et du palais. D’un côté, des étals de fruits primeurs, de fleurs tout juste coupées, de légumes de saison, ou de poissons frais qui feraient chavirer le porte-monnaie des amoureux de cuisine. A l’autre bout, des stands de street food plus cosmopolites les uns que les autres s’entremêlent gaiement : libanais, pizza italienne et sandwichs foccacia, afro-antillais, mexicain, marocain… C’est le Paris que j’aime.

Chez Taeko, on mange japonais. Le repas japonais de tous les jours, et plus précisément le pain quotidien traditionnel des habitants de l’île de Kyushu, dans le Sud du pays. C’est joliment présenté sous la forme de bento, les lunchbox ou coffrets à déjeuner. Une large boîte avec des compartiments pour chaque ingrédient du repas. On pouvait les remarquer, à l’heure du casse-croûte, entre les mains des jeunes écoliers japonais en uniforme dans les dessins animés nippons des années 80, préparés avec amour par les mamans et glissés dans les cartables au petit matin.

Le même amour du bon goût est palpable chez Taeko. Les cuisines sont ouvertes, les menus sont affichés sur des grandes ardoises, on s’assoit un peu collés-serrés entre des touristes, des fashionista et même des acteurs connus autour de tables en bois conviviales dans une allée passante. Ensuite, la serveuse vient rapidement prendre la commande. Le service est gentil et efficace. Ça pulse bien.

La base du bento, c’est le riz. Un riz rond, moelleux. Vous avez le choix d’une garniture principale parmi une dizaine. Viande, poisson, fruits de mer, légumes. Chez Taeko, tout est bon, c’est impossible de se tromper, je serais prête à commander les yeux fermés. Les accompagnements varient régulièrement et rivalisent de goûts et de saveurs. C’est équilibré, joli et de saison. Et les quantités sont plus que correctes.

Pour me réchauffer par ce temps hivernal, je me prends pour commencer une délicieuse soupe miso. Le bouillon est extra, les morceaux de tofu charnus et les feuilles d’algues fondantes.

Puis nous nous sommes régalés avec des sardines grillées à la Kabayaki. Oui, c’est presque le nom du méchant dans Usual Suspects. Très bon aussi, les boulettes de tofu et de crevettes ainsi que le poulet frit à la Tatsuta. Les accompagnements consistent en du chou blanc mariné, des navets et du tofu, et des aubergines et poireaux. J’en salive à nouveau rien qu’à me relire…

Un petit thé matcha à base de poudre de thé vert me suffit pour clore ce festin. Plusieurs desserts m’ont fait de l’œil, glace au thé vert et crème caramel en tête de liste, mais je n’avais plus de place. Faudra que je revienne !

« Ca veut dire quoi Taeko en japonais ? » je demande au serveur. Taeko, c’est une jolie dame discrète qui officie dans la cuisine et derrière la caisse. Aujourd’hui elle porte un foulard aux motifs nippons noué autour de sa tête qui apporte une touche personnelle à cette tranche de vie japonaise qu’on vient savourer entre deux rendez-vous.

Chez Taeko, Marché des Enfants Rouges, 39 rue de Bretagne 75003 Paris.

Bento, 12,50 Euros

Soupe miso, 3,50 Euros

Thé matcha, 2,50 Euros