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Lily Wang, Chinoise & Chic

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Lily Wang. Son nom sonne à mes oreilles comme celui d’une héroïne de bande dessinée du siècle dernier, plantée dans un décor d’Extrême Orient, flânant au bord d’une jonque voguant sur le Yangzi Jiang, ou dans une maison de joie au cœur de la concession internationale de Shanghai. Lily Wang. Elle pourrait ressembler à l’une de ces belles dames mystérieuses aux long cheveux noir de jais, fume-cigarette en jade à la bouche et robe à col mao en soie sombre fendue jusqu’en haut de la cuisse.

Mais non, rien de tout ça. Lily Wang est le restaurant aux couleurs asiatiques de l’empire Costes à Paris, avec tout ce que ça comporte. Y’en a qui adorent, d’autres qui détestent. Au moins, ça ne laisse personne indifférent.

Une décoration sobre et intimiste orchestrée par l’architecte d’intérieur Jacques Garcia qui y fait l’apologie de la lanterne chinoise. Y’en a littéralement partout, jusque dans les toilettes. Pour un peu, on croirait que Raiponce s’est fait plaisir. Une allure de lounge boudoir chic à la bande sonore jazzy, avec des fauteuils en velours noir à l’assise basse et des banquettes assorties. A tout moment, on s’attend à voir débouler Tintin et Tchang en pleine discussion avec Maggie Cheung.

Mais comme dans tous les Costes, on a davantage de chances de tomber sur une de leurs serveuses glamour, apprenties comédiennes ou étudiantes en communication, surgissant de la cuisine en mini-robe et sac à main en bandoulière, là où elles rangent leurs pourboires, qu’on imagine tout à fait proportionnels à leur beauté. Celle qui s’occupe de nous est une sublime jeune femme avec une afro détonante et un ensemble très près du corps qui lui va comme un gant. J’entends notre voisine de table, une sexagénaire bon chic bon genre venue déjeuner avec ses petits-enfants en mode chemise vichy et Nintendo DS, l’interpeller d’un  « Vous me faites penser à Beyoncé ». Prononcé Beu-Yon-Cé.

A la carte, on reconnaît sans mal la touche Costes. Jamais de plat du jour, rarement de nouveautés mais un mix consensuel de plats fusion et traditionnels, parsemés de petits snacks gracieux. De quoi plaire au plus grand nombre. Chez Lily Wang, ajoutez-y l’arôme asiatique et ça donne en vrac, un canard laqué, des nems, des dim sum, un poulet grillé à la citronnelle, une daurade en feuille de bananier et jus de coco et même les Larmes du Tigre, un plat de bœuf qu’on retrouve dans d’autres bastions Costes tels qu’à l’hôtel de la rue Saint Honoré ou au Café Marly. Le tout dressé de manière minimaliste et servi sur des assiettes blanches, sauce à part, accompagnement en supplément. Rien n’est franchement mauvais, ni étonnamment bon. Mais toujours élégant. La définition même de la cantine chic.

Sur la question de l’addition, pas besoin de Madame Irma pour prédire qu’elle sera salée. Cinq raviolis de crevettes à 18 euros, ça fait 3,60 euros la pièce. Faut bien couvrir la main d’œuvre sur la sauce soja, qui est un peu mieux travaillée que si elle sortait tout droit d’une bouteille de Lee Kum Kee. Il faut aussi inclure le loyer mirobolant dans ce coin cossu du 7e arrondissement de Paris, à deux pas des Invalides, ainsi que le trajet aller-retour à Madagascar pour pêcher la matière première. Sans compter la facture EDF qui atteint des sommets avec ces fichues lanternes en retard de plusieurs décennies sur les ampoules à économies d’énergie.

A ce prix-là, vous reprendrez bien du sourire de la serveuse. Voire même empocher une paire de baguettes en partant, ou rafler un cendrier estampillé au nom de l’établissement traînant sur une table de la terrasse. Ca vous fera un petit souvenir charmant. Attention, ceci n’est en aucun cas une incitation à la kleptomanie !

Lily Wang, 40 avenue Duquesne, 75007 Paris

Dim Sum, 18 Euros

Shanghai Jian Jiao, 12 Euros

Dorade en feuille de bananier, jus de coco, 22 Euros

Poulet grillé, piment et citronnelle, 18 Euros

Brocolis, pois gourmands, asperges, shiitaké, 10 euros

Epinards vapeur, sésame et poivre noir, 8 Euros

Nems chocolat banane caramel, 7 Euros

 

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J’aime découvrir, partir, rire, pas mal de mots qui finissent en ir et plus particulièrement, le verbe nourrir. Que ce soit mon esprit, mon imaginaire, mon estomac ou, hélas, mon égo, il me reste toujours un peu de place...

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