Vous êtes-vous déjà laissé séduire par la folie du dim sum ? Depuis longtemps, New York et Londres sont des terrains conquis. Depuis peu, c’est au tour de Paris.

Les dim sum, ces tapas asiatiques issus d’une tradition millénaire née à Canton en Chine du Sud, peuvent être servis sous des formes si diverses et variées qu’elles n’ont pour limite que l’imagination débordante des cuisiniers qui les façonnent de leurs mains. Bouchées à la vapeur, frites, mijotées, briochées, fourrées de préparations raffinées à base de viandes, poissons, fruits de mer, légumes, salées ou sucrées… Leur unique point commun ? Un savant mélange de goûts destinés à ravir votre palais.

On imagine des marchands d’épices en habits traditionnels, cheveux longs et barbichettes, s’en délectant au petit matin à l’abri de leur caravane lors d’une étape sur la route de la soie, arrosant leur repas de rasades de thé fermenté brûlant. Ou encore des mandarins à la cour de la Dynastie Song attablés avec l’Empereur et ses concubines festoyant de mille et une de ces délicatesses dans des salles d’apparat somptueusement ornées.

Vous aussi, vous en avez forcément déjà mangés. En France, leurs ambassadeurs les plus emblématiques sont le ravioli aux crevettes (Har Gao) et la bouchée au porc (Siu Mai), servis dans les exotiques paniers en bambou, à la carte de tous les restaurants chinois de Paris à Giverny en passant par la Lorraine.

Mais attention, il y a dim sum et dim sum.

Il y a le dim sum de chez Picard et le dim sum des grands chefs étoilés. Ainsi qu’une très large palette de gris entre les deux.

Sur cette échelle des saveurs, où se situent donc les dim sum des restaurants Yoom,  ouverts dans des quartiers bourgeois et/ou bohème de la capitale, qui ont déchaîné les passions des gourmands et de la blogosphère ?

Yoom, c’est le croisement du design et de la chinoiserie chic. Un intérieur au look travaillé, murs en brique à la façon New York City, lumières tamisées et grandes tablées. On est loin du bui-bui de Hong Kong où l’on mange les dim sum servis à la criée dans des chariots pousse-pousse.

A la carte, ça balance du côté de la cuisine fusion. Les recettes maison sont originales, à base de produits frais et d’association d’ingrédients qu’on voit rarement dans les cantines chinoises de Chinatown : dim sum de poulet aux cacahuètes grillées, dim sum de poulet tamarin, crêpes vietnamiennes à la saucisse fumée… Y’a de la créativité, ça, on ne peut pas leur enlever.

La carte des alcools est bien garnie en vins, petite de piqure de rappel qu’on n’a pas complètement quitté la France. Les Chinois accompagnent-ils plutôt leurs dim sum d’un Bordeaux fruité ou d’un Bourgogne minéral? Côté bière, pas grand chose à p     art la bière Iki au thé vert et yuzu qui colle bien avec l’atmosphère. Dommage qu’ils ne proposent pas d’alcool de riz ou d’une sélection de thés plus recherchée. Du côté des desserts, les créations de chez Sadaharu Aoki, d’inspiration japonaise, sont excellentes, comme toujours.

Les dim sum de Yoom, c’est de la cuisine légère, saine, presque diététique. Ça change du dim sum traditionnel qui est plutôt culpabilisant au niveau calorifique… Le rendez-vous idéal pour les diners entre des Carrie Bradshaw parisiennes aux appétits d’oiseau ou sous programme Weight Watchers. Car quand l’addition arrive, ça pique un peu les yeux !

On sent qu’il y a derrière le concept Yoom des petits génies du marketing, et pas mal d’argent, pour avoir su allier une décoration tendance à une cuisine fusion, et de la vaisselle pop à une carte rappelant les affiches de propagande maoïste.

Avant de partir, vous pouvez même vous offrir en souvenir le livre de cuisine « Dim Sum Comme à Hong-Kong » aux éditions Marabout, écrit par l’un des fondateurs du restaurant, Mikael Pétrossian, de l’illustre famille gastronomique du même nom. Vous avez dit argent ?

Yoom, 20, rue des Martyrs, 75009 Paris et 5 Rue Grégoire de Tours, 75006 Paris.

Dim Sum de poulet aux cacahuètes grillées, 2 pièces pour 5,50 Euros

Dim Sum de poulet tamarin, 2 pièces pour 6 Euros

Crêpes vietnamiennes à la saucisse fumée, 6,50 Euros

Boulettes thaïes pimentées aux crevettes, 3 pièces pour 5,50 Euros

Pékinois, 3 pièces pour 6,50 Euros

Salade d’aubergines sauce cacahuètes, 4,50 Euros

Bière Iki, au thé vert et yuzu, 6,50 Euros