A la Taverne de Zhao, on vient pour découvrir de nouvelles saveurs. Celles de la région du Shaanxi, au centre de la Chine, peuplée de près de 40 millions d’habitants, célèbre pour son armée en terre cuite enterrée pour protéger l’empereur Qin au cours de sa vie d’outre-tombe.

La réputation de cette jeune adresse parisienne n’est plus à faire. 26 000 hits sur Google, pléthore d’avis et de critiques dithyrambiques pour prévenir que l’attente peut être longue tant le lieu est victime de son succès. Pour s’y rendre, on a choisi une soirée pluvieuse pendant les vacances scolaires. Bingo, il reste justement une table pour deux.

L’endroit est agréable, moderne, décoré avec parcimonie. Sur un mur, des cartes postales encadrées, sur un autre des petits papiers rouges découpés, une tradition chinoise, accompagnent des petites figurines de guerriers, autant de clins d’œil au pays d’origine. L’équipe est jeune et dynamique, à l’image du chef Zhao, le menu est simple et bien expliqué par des encadrés en français. Comme une carte d’embarquement prête à être poinçonnée. Tout est fait pour nous inviter au voyage.

Pour s’ouvrir l’appétit, nous avons commandé les Lianpi à la sauce sésame, « mélange froid » en chinois, des nouilles servies avec des petits carrés de tofu moelleux et des lamelles de concombre. C’est frais et relevé à la fois.

On s’est laissé tenter par des raviolis dorés à la poêle, un classique du genre. Ils sont très fins, bien grillés et se mangent sans effort, hop, tout en discutant, ni vu ni connu. Un délice.

Les pains à la viande, une spécialité de la région, se présentent sous la forme d’une petite pita ronde et fraîche, le pain de Baiji, farcie d’une viande très juteuse et parfumée. On en redemande… et ça part… comme des petits pains.

Les recettes cuites en pot de terre sont la signature de la maison. Ces plats complets sont servis dans des marmites rondes avec le bouillon encore en ébullition, laissant échapper tous les arômes : légumes, viande, algues, champignons noirs… Il y a à boire et à manger pour tous là-dedans.

Les pousses de platycodon sont étonnantes par leur croquant et sont remarquablement goûteuses, accompagnées de leur sauce à la cacahuète pimentée, d’oignons rouges, et d’émincés de poulet. C’est un plat que je n’avais jamais gouté. Et pour cause : dans nos contrées, le platycodon, a.k.a. la campanule, est plus souvent vu dans un bac à fleurs que dans une assiette ! Rencontre intéressante.

Pour finir en beauté, la carte des boissons sucrées et des desserts donne envie. Nous optons pour un Bubble Tea, thé noir au lait sucré avec ses boules de tapioca, un Aloé Vera au yaourt, des petites boules de gelées rafraichissantes aromatisées aux fruits et une glace pilée à la papaye fraîche. Yummy !

Le tout pour une addition modeste, on n’a pas à se plaindre. On va pouvoir mettre de côté pour le billet d’avion à destination de Xi’An, la capitale du Shaanxi.

Le chef Zhao vient saluer ses clients à la fin de son service. Il demande si ça a été et on ne peut s’empêcher de répondre « C’était drôlement bon », à quoi il répond un sincère « Merci ».

Je l’ai tout de suite bien aimé, le chef Zhao. Un jeune gaillard à l’air bonhomme, au sourire généreux, comme sa cuisine. Il me rappelle vraiment quelqu’un, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Fils de cuisinier, il a fini ses études de marketing en France avant d’ouvrir son restaurant en octobre 2011 pour nous faire découvrir la cuisine de sa région Eh oui, la cuisine chinois, ce n’est pas que des rouleaux de printemps et du riz cantonais, loin de là.

Pendant qu’il nous parle, je cherche toujours à qui il peut bien me faire penser, je l’ai sur le bout de la langue, mais ça ne vient toujours pas. Il maîtrise sacrément bien la langue française pour quelqu’un qui vit en France depuis 4 ans et demi. Je défie quiconque d’aller vivre aussi peu de temps en Chine et de pouvoir tenir une conversation en chinois avec des locaux. Oui, je me considère un autochtone, malgré mes traits qui me trahissent.

Arrivée chez moi, la lumière éclaire mon cerveau. Mais oui ! Zhao me fait penser à un Jamie Oliver chinois ! Il est tout en rondeurs et vous parle comme à un copain qui débarque manger à la maison. Je lui souhaite autant de succès qu’à son sosie, si ce n’est plus…

Et si d’aventure, vous vous laissez tenter par la cuisine de Zhao, trouverez-vous où dans son restaurant se cache ce petit panda kawaï ?

La Taverne de Zhao, 49 Rue des Vinaigriers 75010 Paris?

Lianpi à la sauce sésame, 6,50 Euros

Raviolis dorés à la poêle (6 pièces), 7,50 Euros

Pain à la viande classique, 4 Euros

Nouilles de patates douces cuites au pot, 8,30 Euros

Pousses de platycodon et émincés de poulet au poivre de Sichuan, 7,50 Euros

Thé au lait nature (avec perles de tapioca) 4,50 Euros

Aloé Vera au yaourt, 4,50 Euros

Glace pilée aux fruits frais (mangue, ananas, fraise ou papaye) 4,50 Euros