Ça pourrait être le slogan du restaurant Happy Nouilles, une adresse découverte au cours de ma quête des meilleures nouilles asiatiques de Paris.

Un bui-bui comme on se les imagine dans les ruelles animées des mégalopoles chinoises, et qui trouve toute sa place en plein cœur du Sentier chinois, coincé entre plusieurs boutiques d’import-export et vente en gros de maroquinerie et prêt-à-porter « Made In China ». Une enseigne bricolée à la va-vite – un autocollant plaqué sur l’ancienne – mais qui laisse intacte la vieille plaque indiquant « traiteur asiatique ». Trois petites salles en enfilade où ça parle fort en chinois. La serveuse me salue dans ma langue maternelle, alors que dans les restaurants du Chinatown traditionnel, ils repèrent du premier coup d’œil que je suis née en France de parents asiatiques et me parlent comme à une Guilo – une étrangère. Rien que ça, c’est déjà une expérience.

 

A l’intérieur, les tables sont serrées, l’aménagement est digne d’un stand de rue. A l’exception des appliques murales, sortes de coffres noirs laissant apparaître des bâtonnets de plastique en suspension, façon gouttes d’eau stalactites, signées Fly ou Alinéa. Valérie Damidot serait-elle passée par là pour un relooking de l’endroit ? Il y a cependant un détail qui ne trompe pas : les boules de Noël et les décorations du Nouvel An Chinois sont encore accrochées aux murs. Nous sommes en juillet. Faut dire qu’il caille, ça peut porter à confusion.

 

Je commande une assiette de raviolis grillés, servis avec du vinaigre noir, comme au pays. Eh oui, les Chinois ne les mangent pas avec de la sauce soja. La recette est correcte, pas folle. La pâte est assez épaisse et la farce également. Ça doit faire du bien quand on sort de la mine ou de l’atelier de couture.

 

En attendant mon bol de nouilles fraîches, les La Mien, préparées à la commande par des cuisinières postées en vitrine, je remarque un mix très intéressant de clientèle chez Happy Nouilles. A l’heure du dîner, c’est 50% de Chinois, les vrais, ceux qui travaillent certainement dans les commerces alentours, et 50% de Bourgeois Bohèmes, les vrais, ceux qui garent leur vélo dehors, sont habillés en treillis et saharienne et dégainent leur Iphone à tout bout de champ. Ce petit monde se bouscule joyeusement dans l’étroit couloir d’entrée du restaurant : ceux qui prennent à emporter, ceux qui attendent une table, ceux qui font la queue pour payer, avec en prime, les livreurs de Tsing-Tao et de cageots de fruits et légumes.

 

Ma soupe de nouilles arrive. Le bouillon est bon, les nouilles sont bonnes. C’est un peu moins parfumé et garni à mon goût que chez Les Pâtes Vivantes, mais je dois dire que le prix s’en ressent. Ici, c’est une cantine simple et sympa. Et en plein cœur de Paris, ça mérite que ça se sache !

Happy Nouilles 95 rue Beaubourg 75003 Paris

Chou salé aux lamens, 6,90 Euros

Raviolis grillés (5 pièces), 4,50 Euros