Bonjour à tous les w3sh ladies and gentlemen, je me présente : je suis La Petite Banane, la dernière arrivée dans l’équipe w3sh. Pour mon baptême, je vous emmène au Japon pour vous ouvrir l’appétit avec des petites gourmandises que j’ai trouvées sur mon chemin. Pas besoin de passeport ni de visa, juste pour certains, un billet de train ou un coup de Vélib’. Destination, le Little Tokyo parisien, au cœur même de notre capitale. J’espère que vous avez faim !

 

MANGEZ DES GYOZA !

On connaissait bien les bars à vins, les bar à tapas, et pour certains, les bars à filles. Mais de plus en plus, le mot « bar » se conjugue aux nouvelles tendances : bar à sieste, bar à ongles, bar à eau, bar à sourire… et même bar à gyoza !

 

Le gyoza est un petit ravioli japonais grillé en forme de lune dodue, farci de viande et légumes, à tremper dans une sauce soja. Il se déguste en amuse-bouche ou en entrée dans tous les restaurants nippons qui se respectent. Cependant, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous…

Pour tâter de la crème de la crème du gyoza, je me suis rendue au Gyoza Bar, où le gyoza entre dans la hype et le name-dropping. Dans le Passage des Panoramas, l’un des passages couverts du 2e arrondissement, le Gyoza Bar est un havre de branchitude qui pourrait se trouver à New York, Londres ou Berlin. Murs en brique, décoration minimaliste, luminaires à ampoules incandescentes.

 

Ici, on ne se pose pas la question « qu’est-ce que je vais prendre ? » mais « combien je vais en prendre ? ». Le menu est unique et la recette est celle du chef doublement étoilé Shinito Sato. Pas étonnant donc qu’elle soit excellente ! A base d’ail, de poireau, gingembre et viande de porc de Dordogne shoppée chez la « stars des bouchers » Hugo Desnoyers.

Le gyoza doit être grillé à l’unilatérale et cuit à la vapeur. La cuisson est exécutée devant vous par les petites mains des jeunes filles derrière le bar – les « baristas » à gyoza – dans des machines qui ressemblent à des gaufriers, et qui assurent le croustillant d’un côté et le fondant de l’autre.

 

Yummy ! La brochette de gyoza arrive cuite à la perfection et dorée à souhait. Trempez-les dans la sauce soja aux agrumes qui apporte une pointe d’originalité, et accompagnez-les de riz, de pousses de soja marinés, ou de bière locale.

 

Une super adresse pour s’ouvrir l’appétit.

Des petits moins, toutefois : la file d’attente, qui peut être longuette, car il n’y a que 12 couverts au total, pour peu que vous tombiez derrière des gens qui « aiment prendre leur temps ».

De même, l’odeur de graillon qui s’évapore du bar et s’incruste dans les fringues et le brushing, c’est moyen. Faut dire que quand on mange asiatique, vaut mieux éviter de trop s’attarder en cuisine.

Enfin, pour les gros mangeurs, je suggère un « after » vers la proche rue Sainte-Anne et ses perpendiculaires pour finir en beauté et ne pas laisser son estomac gargouiller avant de se coucher.

Gyoza Bar, 56 Passage des Panoramas, 75002 Paris.
8 gyoza, 6 euros. 12 gyoza, 8 euros.

 

HAPPY POULPE PARTY

Où manger japonais (presque) comme au Japon ? A Paris pardi, sur la rue Sainte-Anne et ses environs, l’arrondissement nippon de la capitale. Si vous pensiez que la gastronomie japonaise n’est faite que des sempiternels maki/sushi/brochettes, alors il est grand temps d’y faire un petit tour.

 

Découvrez les Takoyaki ! Street food par excellence, dégustez ces tapas japonais qui se grignotent dans la rue comme si vous étiez à Osaka.

 

Petites boules de pâte croustillantes dehors et moelleuses dedans, cuites par moitié dans un moule en fonte, badigeonnées de sauces variées, saupoudrées d’algues séchées, ou garnies de copeaux aériens de katsuobushi, la bonite séchée japonaise, qui virevoltent au moindre souffle ou mouvement.

Chez Happa Teï, vous pouvez les prendre à emporter ou les manger sur place, à l’étage, dans un décor rougeoyant, hyper looké et graphique. Les menus sont écrits à la main – so kawaï ! – dans cette écriture aux contours rondouillets et linéaires si particulière aux Japonais. A tous les coins de murs, trône le roi des lieux, j’ai nommé Sa Majesté le Poulpe.

 

En japonais, Takoyaki signifie « poulpe grillé ». Mais si vous êtes un frileux de la tentacule, n’ayez crainte. Votre palais remarquera davantage le goût des sauces et de la pâte à beignets que le petit tronçon de céphalopode à l’intérieur. Au demeurant, le poulpe est un excellent aliment pour la santé, empli de vitamines et d’oméga 3 ! C’est bien connu, les Japonais vivent plus vieux que nous !

Les Takoyaki sont à manger chaud brûlant juste sortis de leur moule. Préparés uniquement à la commande, ils sont onctueux et fondent littéralement dans la bouche. Un vrai délice ! Je les accompagne d’un verre bien frais de Calpis, cette boisson sucrée typiquement japonaise à base de lait fermenté (pensez Lactimel dilué, en meilleur).

 

Une bonne adresse pour ceux qui aiment les découvertes et les dépaysements.

Happa Teï, 64 Rue Sainte-Anne, 75002 Paris
6 Takoyaki « sauce standard », 8 euros
Calpis, 3 euros

 

LUCILE, AMOUR ET OKONOMIYAKI

De l’encre a déjà beaucoup coulé au sujet du restaurant Aki, au cœur du quartier japonais de Paris. Cet établissement, surnommé le « Prince de l’Okonomiyaki » est connu comme le loup blanc pour ses délicieuses omelettes japonaises à base de chou, oignons, œufs et garniture au choix, préparées et grillées devant vos yeux sur une énorme plancha.

 

Cette spécialité japonaise copieuse et consistante, originaire d’Osaka, se consomme à l’aide d’une petite raclette et s’accommode à ravir d’une bonne bière rafraîchissante. Elle est assaisonnée – littéralement quadrillée – d’une sauce brune sucrée-salée à base de vinaigre de saké, miel et bouillon de légumes et de mayonnaise japonaise. Le tout est parsemé d’algues séchées et de copeaux de bonite, la katsuobushi, ou encore « poisson dansant ».

Habituellement, je partage mon okonomiyaki avec une copine, et comme ça on se commande aussi un bol de ramen ou une assiette de tonkatsu. On est gourmand ou on ne l’est pas !

 

Quand j’ai une petite envie d’okonomiyaki, j’aime bien m’installer au bar du sous-sol, devant la plaque chauffante du Chef, d’où je peux observer toute l’action (et aussi profiter d’un sauna facial gratuit). Tables d’amoureux, de copains, de familles ou de touristes. Y’a de tout chez Aki, c’est international ! Certains cuistots sont chinois (eh oui ! mais ça ne fait pas d’eux des moindres cuisiniers d’okonomiyaki), certains serveurs sont japonais, ou même français (mais ça ne fait pas d’eux de moins bons serveurs d’okonomiyaki).

 

L’okonomiyaki, ça me rappelle ma jeunesse, quand je regardais Lucile, Amour et Rock’n’Roll dans l’émission Youpi, l’Ecole Est Finie. Si vous aussi, vous étiez fan des Bee Hives, vous vous souviendrez sûrement du restaurant du père de Lucile, Monsieur Duronchon. Il préparait ses okonomiyaki – en faisant la gueule – devant ses clients et le chat Roméo, dont c’était le plat favori!

 

Ça ne nous rajeunit pas, hein ? A l’époque, je me demandais ce que pouvait bien être ce plat appétissant – et aussi comment certains Japonais pouvaient avoir les cheveux roses, violets ou bleus dans les dessins animés. Maintenant, j’ai mes réponses. Je connais l’okonomiyaki de chez Aki et je croise tous les jours des touristes japonais dans Paris. Et effectivement, ils ont toujours du style !

Aki, 11 rue Sainte Anne, 75001 Paris
Okonomiyaki au porc, 9.50 euros

 

DO YOU UDON ?

Connaissez-vous le Udon, cette épaisse nouille japonaise blanche qui en régale plus d’un ? Chez Kunitoraya, le temple du Udon à Paris, le chef Nomoto travaille les Udon à la main pour leur donner cette texture souple et élastique qui leur est si caractéristique. Fraîcheur garantie !

 

Les Udon sont servis dans un bouillon chaud à base de légumes ou viandes et agrémentés, au choix, de tempura de crevette, tofu frit, émincé de porc aux légumes ou tout autre garniture savoureuse jugée digne d’accompagner cette spécialité du Sud-Ouest japonais.

 

Les nouilles sont un vrai régal et on finit la soupe au bol. Yummy ! Les experts de Kunitoraya conseillent de manger le Udon avec des baguettes, en faisant du bruit à chaque bouchée – slurp – et sans traîner, tant qu’il est chaud. En même temps, vu la file d’attente devant le restaurant, qui ne désemplit jamais, il serait mal vu de s’attarder plus que de raison. D’ailleurs, il n’y a pas de digestifs à la carte.

 

L’assortiment de Tempura est également très recommandable. La pâte à beignets est aérienne et la sauce tentsuyu à base de dashi, mirin et de sauce soja est à tomber.

 

Le service est rapide et accueillant. Comme dans de nombreuses adresses du quartier, le staff est d’ici et d’ailleurs. Il y a toujours le serveur d’origine non-japonaise qui donne l’impression de parler japonais aussi bien que le Chef lui-même. Le Japon, c’est son dada. On l’imagine aisément fan de mangas fantasy et d’animés de Miyazaki.

 

Le décor est sobre, les recettes authentiques. Une bonne cantine avec peu de places, d’où la queue en heure de rush. Mais que ne ferait-on pas pour un bon bol de Udon ?

Kunitoraya Sainte Anne, 39 rue Sainte Anne, 75001 Paris
http://www.kunitoraya.com/
Ténpura-Udon (beignet de crevette) 13 euros
Ténpura-Moriawasé (beignets de crevette et légumes) 12 euros