Entre 14 et 17 ans, j’étais un ado dans le vent. Un paire de TIM aux pieds, un PC sous windows 95 et un tatoo dans la poche. Certains, d’entre vous, les plus jeunes, ne l’auront pas connus, mais le Tatoo est non seulement ce qui m’a fait venir au téléphone portable mais en plus, maintenant que j’y pense, c’était le premier outil de réseau social.

Un Tatoo, à son époque, c’était ça :

bipper-tamtam-tatoo

Un appareil qui se rangeait dans un poche. Bon, on pouvait aussi l’accrocher à la bouche de ceinture façon cowboy, mais c’était pour les « jacky ». Un numéro attribué à chaque appareil, qui était doté d’un écran noir et blanc d’une ligne, pour lire un numéro de téléphone. Tous tes potes avaient leurs tatoos et tu avais une liste papier (sic!) avec les numéros de tes potes, ta tribu!

Si vous aviez pas les moyens (déjà une histoire de gros sous à l’époque), vous achetiez le jaune à 400 francs. Car le Motorola Insctinct Noir était réservé aux frimeurs à 2 balles – à 500 francs, il offrait strictement les mêmes fonctionnalités que le jaune. Enfin, les plus riches s’offraient un TAMTAM, la classe, avec affichage sur 2 lignes et surtout textuel.

Vous ne l’imaginez pas, mais utiliser un tatoo, c’était tout un rituel…

Imaginons une situation simple : Un ami veux vous joindre //

– Il est à une cabine téléphonique, il paie 5 unités (norme téléphonique de l’époque) pour vous envoyer le numéro de téléphone de la cabine où il est. Parfois, il se trompait de destinataires, 10 unités dans les dents.

– Vous recevez le numéro sur votre Tatoo. 2 réflexes // qui est-ce ? et où puis je trouver une cabine pour le rappeler? // dépenses d’unité supplémentaire pour le rappeler. « Mince, j’ai presque plus d’unités sur ma carte »

– Il pouvait se passer des heures avant que je le rappelle et mon ami monopolisait la cabine pendant tout ce temps là. J’ai connu des gens qui se faisait casser les dents pour moins que ça. Parfois il n’était plus là, et c’est quelqu’un d’autre qui décroche. Tout un mic-mac de « mais t’es qui, toi? » « pourquoi tu m’as bippé » « il y a pas un petit chinois avec les yeux bridés à coté de toi? » « ah, t’as une belle voix, tu t’appelles comment, ça te dit de venir boire un verr…. bip bip bip, raccrochage en force, connasse »

Les ingénieurs Geek cotées du lycée (à cette époque, un BEP électronique) avaient même trouvé la combine pour « biper » gratos les tatoo des potes (cartes téléphoniques découpées et dextérité obligatoire, si si). Avec le Tam Tam, on pouvait même dicter à une opératrice un message que le destinataire recevait sur son pager.

C’était en 1996, il y a moins de 15 ans et c’est le réseau est mort avec l’arrivée des premiers mobiles GSM, les maintenant retraités : Startac, 3310, T18 et le fameux SAGEM walkphone – premier radio FM intégré, si si! J’ai même connu le BeBop (où il fallait être près d’une antenne BeBop pour téléphoner… mais ça c’est déjà une autre histoire…

bornebibop

Et vous ? Vous aviez un Tam Tam ?