J’ai profité de l’avant première hier à  l’UGC Bercy pour aller voir Mr Brooks, le dernier Kevin Costner.

M. Brooks est un être étonnant. Homme d’affaire respecté et reconnu dans sa communauté, il mène une existence paisible auprès de sa charmante épouse et de sa fille qu’il adore. Il occupe gentiment ses temps libres dans son atelier à  céramique. Mais voilà  que, pour lui, la vie n’est pas si simple. M. Brooks doit composer avec un trouble de personnalité multiple. Ainsi, son alter ego, Marshall, ne cesse de le pousser au crime. M. Brooks a beau multiplier les efforts pour se défaire de cette affreuse dépendance, les circonstances ne lui rendront pas la vie facile.

C’est avec un réel plaisir que l’on découvre cet étonnant M. Brooks. Le scénario nous le révèle lentement, délicieusement, de manière à  bien alimenter le suspense. Le spectateur savoure donc chaque scène sans jamais s’ennuyer. Il se réjouit en découvrant l’ingéniosité de Brooks, sa suave perversité. Il faut dire que la complicité entre Earl et Marshall épate, superbement rendue par le jeu des Costner et Hurt. Ce qui échappe à  l’un se voit aussitôt relevé par l’autre. Et qu’est-ce qu’ils s’amusent, tous les deux ! Mais on a tôt fait de comprendre que leurs interactions ne surviennent que dans l’imaginaire de Brooks. L’éclairage un peu crà» et ciblé sur le visage de Marshall, les prises de vue via le miroir et diverses autres subtilités appuient judicieusement l’intemporalité de ce dernier.

Dane Cook incarne un M. Smith crédible, quoique peu attachant. Cela accentue d’autant notre affection pour Brooks mais, vilains que nous sommes, ne devrions nous pas plutôt détester un tel psychopathe? Quant à  Demi Moore, elle m’a parue ici quelque peu accessoire. Super police woman peu crédible, elle met toutefois en relief le fait que Brooks adore jouer, avec un remarquable souci du détail.

J’ai particulièrement adoré la chute du film. Elle ne laissera personne indifférent.