C’est assez rare une fille qui traite de jeux vidéo, et pourtant j’ai réussi à  imposer cette idée à  Toon. Me voila donc catapultée à  la rubrique jeu du webzine et j’espère que vous apprécierez mes articles :)

Mon premier test est Hotel Dusk sur Nintendo DS.

Hotel Dusk ravira les nostalgiques des productions PC des années 90. Ce jeu est une aventure qui s‘apparente à  un Under a Killing Moon en huis clos. Une enquête au ton sombre, présentée comme un roman et proche du polar.

L‘histoire part d‘un règlement de compte. Kyle Hide et Brian Bradley, deux policiers new-yorkais tentent de démanteler un réseau criminel. Le 24 décembre 1976, Kyle Hyde est averti par téléphone que son coéquipier et meilleur ami serait lié à  cette association de malfaiteurs. Sur les bords du Hudson River, Kyle est contraint de tirer sur Bradley qui tombe dans l‘eau. On retrouve Kyle Hyde 3 ans plus tard, le 28 décembre 1979, toujours à  la recherche de la vérité et étant persuadé que Bradley est toujours vivant puisque son corps n‘a jamais été retrouvé. Kyle a démissionné de la police et travaille maintenant pour la compagnie Red Crown. Officiellement vendeur de porte à  porte, l‘entreprise est spécialisée également dans la recherche de certains objets ou personnes. Kyle est envoyé par son patron à  l‘Hotel Dusk, au fin fond du Nevada. Une sinistre demeure gorgée de mystères et de secrets, o๠Kyle ne tardera pas à  voir son passé ressurgir en même temps que le nom de Brad. A notre héros maintenant de tirer au clair toutes les vérités en fouinant et en interrogeant toutes les personnes plus louches les unes que les autres se trouvant dans l‘hôtel. Qui est cet autre Kyle Hyde qui a séjourné à  l‘hôtel Dusk il y a six mois ? La rumeur selon laquelle la chambre 215 réaliserait les vÅ“ux de son occupant est-elle fondée ? Qui est cette jeune fille muette qui porte au poignet le même bracelet que celui de Bradley ?

Autant de questions qui s‘entremêlent pour former un nÅ“ud d‘intrigues, sombre, compliqué mais très bien développé. Le scénario est en béton armé. Pour la mise en scène, le studio CING a cherché à  être le plus fidèle à  l‘ambiance d‘un roman. Déjà  le titre se joue avec la console à  la verticale, comme si vous teniez un véritable livre. Ensuite, le jeu est divisé en chapitres (il y en a10 en tout). Les personnages sont assez caricaturaux comme dans tous bons polars qui se respectent (le détective avec son imperméable et son calepin par exemple). Et puis surtout, Hotel Dusk fait la part belle au texte et aux dialogues. Heureusement, le scénario est réellement très bien écrit mais on peut regretter quand même le défilement un peu lent du texte. Le temps de jeu est partagé entre les dialogues (60%), la recherche d‘objets (20%) et l‘utilisation de ceux-ci (20%). Même si les dialogues sont passionnants, les interrogatoires sont quand même assez limités et dirigistes. Plusieurs propositions de questions sont à  la disposition du joueur et il faut les adapter à  la psychologie de l‘interlocuteur pour que celui-ci vide son sac. Mais, même si on oriente mal la discussion, il est toujours possible de rattraper le coup à  l‘aide d‘une nouvelle question de rattrapage très visible. Il est donc assez difficile de se faire virer de l‘hôtel et donc de perdre la partie. Mais outre cela, l‘intrigue est bien ficelée et captivante et les pistes de départ son variées ce qui permet au joueur de se triturer les méninges à  chaque nouvel indice (même si la phase de récolte de renseignements est assez longue : environ jusqu‘au chapitre 4). Les énigmes proposées sont réellement ingénieuses et donnent du fil à  retordre au détective en herbe, même si en faisant travailler ses petites cellules grises l‘enquête peut être bouclée entre 8 et 10 heures de jeu.

Hotel Dusk : Room 215, Nintendo et CING, 39€90.