Voilà  un film qui est bien fait, qui nous garde au coeur du propos dramatique qui est encore actuel: l’exploitation des hommes. Ralph Fiennes, rare depuis quelques temps, y campe le rôle principal avec intensité et maà®trise.

Le roman de Le Carré est complexe et lourd de descriptions détaillées (les scénaristes doivent le bénir). Le film rend très bien cette complexité, reste centré sur le propos et maintient le suspense.

Il a le bonheur de réussir, sous le couvert de la fiction !!!, à  démasquer le traffic et l’exploitation des «puissantes» entreprises qui achètent et corrompent nos dirigeants pour soutenir leurs intérêts qui ne sont surtout pas communautaires ou sociaux. On sent bien que malgré quelques «scandales», la terre continue de tourner et que c’est «business as usual».

C’est un thème hautement sensible, celui du drame de ces peuples exploités qui servent tantôt de dépotoir pour nos déchets toxiques et nucléaires, tantôt de cobaye pharmaceutiques, tantôt de main-d’oeuvre à  empoisonner (Bhopal!) à  un coà»t moindre que nos travailleurs qui eux coà»tent trop cher en compensations médicales.

On en sort songeur, peut-être indigné, surement troublé. Ce n’est pas l’histoire d’un tsunami ou d’un ouragan. C’est l’histoire de notre impérialisme qui frappe asservi et affame l’Afrique, entre autres. C’est cette dictature de la finance dont l’instrument agissant est la Banque mondiale qui pipent les dés pour être sà»r de ne jamais perdre …