Dans la même veine de ses précédents et turbulents Time Bandits et The Adventure of Baron Munchausen, Terry Gilliam a pondu un autre récit exubérant, o๠l’imagination est prédominante. De la création luxueuse des décors et des costumes à  l’utilisation de nombreux monstres mythiques, le budget déployé (plus de 80 millions) permet finalement au créateur de Brazil de se laisser aller dans ses rêves et ses lubies les plus fous. Poursuite haletante à  chevaux par ici, attaques de différents arbres par là , le résultat demeure très proche de la bande dessinée, ce qui risque peut-être de rebuter les amateurs de récits plus réalistes comme Lord of the Rings.

Débutant comme une version moyenâgeuse du The Frighteners de Peter Jackson, The Brothers Grimm prend rapidement son envol. Même si les gags ne touchent pas toujours la cible et que plusieurs séquences se veulent plus horrifiantes que comiques, l’ensemble se laisse regarder avec beaucoup de joie et d’intérêt. Avec une telle idée de départ, le scénariste jusque-là  ordinaire Ehren Kruger (The Ring) se permet ainsi de puiser dans la littérature des vrais frères Grimm. Ainsi, de nombreuses fables telles le prince qui embrasse un crapaud, le petit chaperon rouge, Hansel et Gretel, Cendrillon, la belle au bois dormant ou le bonhomme de pain d’épice prennent vie d’une manière ou d’une autre.

En être flamboyant et déluré, Matt Damon fait sourire, alors que la grande révélation s’avère indéniablement Heath Ledger. Ici, il est parfait dans le rôle d’un individu faible et oisif (ca le change de son rôle dans Chevalier).

En empruntant ici et là  à  une multitude de productions (The Mummy, Sleepy Hollow, le jeu vidéo Castlevania et même au délirant Monty Python and the Holy Grail), The Brothers Grimm ne réinvente rien. Mais au lieu de seulement soigner ses aspects visuels comme le fait trop souvent Tim Burton, Terry Gilliam s’intéresse à  mélanger les genres et à  faire triompher l’humour. Peut-être pas un candidat au meilleur film de l’année, mais quel divertissement!

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