Quand Tim Burton sort un film, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne passe pas inaperçu. C’est encore le cas pour les Noces Funèbres qui dans la lignée de L’étange Noël de Monsieur Jack, devrait faire grand bruit.

Pour l’occasion Warner à  organisé le 29 septembre une avant première très select o๠nous avons envoyé Flyfly, notre spécialiste du genre.

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Synopsis :

Au XIXe siècle, dans un sinistre village puritain, Victor et Victoria, 2 jeunes gens excessivement timides, rêveurs et romantiques, sont promis l‘un à  l‘autre. Leur mariage a été arrangé par leurs familles respectives. Les Van Dort, à  la tête d‘une conserverie de poisson prospère, sont riches ; ils cherchent à  entrer dans la haute société. Les Everglot, descendants du très glorieux et respectable Duc d’Everglot, n‘ont plus pour seul bien que leur nom et leur réputation ; leur coffre est vide.
La première rencontre des fiancés aura lieu la veille de leur mariage, le jour de la répétition. Immédiatement, ils se plaisent. Pourtant, la répétition de la noce tourne au drame. Victor commet impairs sur impairs. C‘en est trop pour le pasteur qui le renvoie ! Victor s‘enfuit dans la forêt qui entoure le village. Seul, parmi les arbres et les branches mortes, il prononce parfaitement ses vÅ“ux et passe l‘anneau nuptial « au doigt » de ce qu‘il croit être une branche… Du royaume des ténèbres, surgit le corps décomposé d‘une mariée.
Avec elle, Victor découvre la vie turbulente et joyeuse que mènent les morts. Durant, tout le temps de son périple chez les trucidés, Victoria l‘attend désespérément dans le monde des vivants…

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Critique :

« Les noces funèbres » sont inspirées d‘un conte populaire Russe dans lequel un jeune homme promis à  la belle aristocrate de la ville se retrouve malgré lui unit pour la vie avec le cadavre d’une éternelle mariée. Cette histoire est à  nouveau le moyen pour Tim Burton de plonger au cÅ“ur du monde des ténèbres. Quand il s‘intéresse à  la mort, Tim Burton la transcende. Elle devient un terrain d‘expérimentation visuelle, une source d’inspiration infinie. Dans « les Noces Funèbres », il confronte d‘une manière très manichéenne le royaume des morts et celui des vivants. Les deux univers s‘entrechoquent violemment. Chez les vivants, tout est gris, sans saveurs et sans rires. La vie est infernale, terne et sans goà»t. Au contraire, le royaume des morts est un véritable paradis rempli de lumières, de couleurs vives, de chants et de rires. Au final, les morts ont l‘air plus vivant que les vivants, et les vivants sont plus morts que vifs…

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Le scénario est extrêmement classique, parfois même très conventionnel. En fait, cela importe peu puisque c‘est cela même qui nous permet d‘apprécier pleinement sa construction en écho, ses parallélismes ainsi que tous ses jeux d‘oppositions et de contrastes… Par exemple, les mariages sont des enterrements ; les vivants sont des ratés, contraints de vivre qui n‘apprécient pas leur vie, tandis que les morts, vivent pleinement leur décès (Ils ne regrettent pas ce qu‘ils ont été. Ils profitent de leur éternité pour faire la fête, boire et jouer…)

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L‘enchantement opère grâce aux magnifiques décors, à  une multitude de personnages excentriques et bizarres, aux dialogues souvent savoureux et bourrés d‘humour noir… Chaque personnage est unique. Chaque scène rivalise de trouvailles et d’idées. La musique de Danny Elfman s‘accorde admirablement à  l’ensemble (Le jazz des morts est particulièrement réussi !)

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Avec ces « Noces pas si funèbres que ça », Burton renoue avec la noirceur caractéristique à  son travail. La beauté des images contraste avec la profonde morbidité du sujet. De là , naà®t une forme de poésie sensuelle, troublante et envoà»tante. Burton réalise un conte fantastique à  l’univers fascinant. « Les Noces Funèbres » possède d’indéniables qualités, avec en premier lieu, une esthétique absolument superbe, des personnages, des décors et des animations proches de la perfection.

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Qu’est ce que le stop Motion ?

Le stop Motion repose sur l’utilisation de décors  » en dur « , de marionnettes, qu’il faut vêtir, coiffer et éclairer avec autant de soin que des acteurs de chair et de sang. La manipulation des marionnettes est d’une extrême délicatesse ; l’écart entre deux positions étant de l’ordre du millimètre…
Chaque position est photographiée le temps d’une seule image. L’animateur retourne ensuite au personnage, lui imprime un mouvement millimétrique, fixe l’image suivante, etc. Le processus exige une patience et une minutie rares. Le rendement est dérisoire : à  la fin d’une journée de travail, une équipe n’aura guère engrangé qu’une à  deux secondes utiles.

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Les innovations apportées par les Noces funèbres …

Ian Mackinnon et Peter Saunders inventèrent plusieurs techniques révolutionnaires à  l’occasion du tournage des  » Noces funèbres « . Les marionnettes des  » Noces Funèbres  » font près 30 centimètres de haut. Elles sont fabriquées à  partir d’armatures métalliques, leur donnant une grande stabilité. La  » peau  » des marionnettes est constituée d’un alliage de mousse et de silicone ce qui lui permet de garder toute sa souplesse et ses couleurs, et ce même après des mois de manipulation.
L’innovation la plus significative du tandem porte sur l’animation des visages. Auparavant, une marionnette se voyait dotée d’une multitude de têtes, toutes porteuse d’expressions différentes, et ,chacune des expression était déclinée dans ses plus infimes changements.
L’innovation de Ian Mackinnon et Peter Saunders consiste aujourd’hui à  placer dans la tête de la marionnette un mécanisme extrêmement élaboré, qui autorise une plus grande diversité de mimiques, d’expressions et de mouvement.
En ce qui concerne les décors, certaines structures s’élevaient parfois jusqu’à  5m et pouvaient atteindre 8 à  10m de profondeur. Du fait de leurs dimensions magistrales, ces décors ont compliqué l’accès des animateurs à  leurs marionnettes. Le plus souvent, les manipulateurs se dissimulaient sous le plateau. Ils y remontaient par une trappe le temps d’actionner la marionnette pour l’image suivante.
Certains des effets ont nécessité plusieurs mois de travail. Ainsi, pour faire onduler au vent la robe et le voile de la Mariée et leur permettre de garder toute leur légèreté, il aura fallu y introduire un fin réseau de câbles. Câbles qui ont été manipulés avec la plus extrême délicatesse…

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Quand l’équipe en parle…

Tim Burton :

 » C’est l’aspect tactile de cette forme d’expression que j’apprécie le plus. C’est formidable de pouvoir toucher et déplacer les personnages au sein d’un monde tangible. On se croirait presque sur le plateau d’un film en prises de vues réelles, sensation que l’on n’éprouve jamais devant un fond bleu, par exemple.  »
 » Mackinnon et Saunders font un travail magnifique, et ils se sont encore surpassés sur Les Noces Funèbres. Leurs marionnettes sont d’une vérité criante, elles sont sensibles, subtiles et richement texturées. Les animateurs ont besoin de cela pour donner le maximum de relief et de vitalité aux personnages.  »

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Allison Abbate (Productrice) :

 » Les Noces Funèbres est une histoire extraordinairement habile et originale o๠l’on retrouve l’esthétique et l’humour noir de Tim Burton, au travers d’une série de personnages hautement bizarres. Mais ce qui m’a le plus attirée dans ce scénario, c’est l’émotion que dégageait cette si belle histoire.  »

Emily Watson (voix de Victoria) :

 » Victoria semble, de prime abord, être une jeune fille très bien élevée, assez coincée. Ses parents, aristocrates désargentés, veulent la marier pour des raisons purement vénales. Cela pourrait tourner à  la catastrophe, compte tenu du gouffre qui sépare les Van Dort des Everglot, mais Victor et Victoria vont très bien ensemble, et forment un petit couple assez touchant. Car, aussi inconcevable que cela puisse paraà®tre, Victoria a découvert en Victor un homme encore plus timide qu’elle! Tout baigne donc, jusqu’à  ce que la Mariée Morte enlève Victor.  »
 » C’est l’histoire d’une passion, traitée de façon étrange et légèrement tordue. Cela s’apparente à  un récit d’outre-tombe, mais avec des personnages drôles plus grands que nature, et une grande délicatesse de touche, une réelle pureté.  »

Helena Bonham Carter (voix de la mariée décédée) :

 » C’est une femme pour qui le temps s’est arrêté. Son éternelle jeunesse est un cruel paradoxe chez quelqu’un dont le corps s’est dégradé à  ce point. Il y a chez la Mariée une authentique forme d’innocence et de pureté. Elle espère sincèrement que Victor l’aimera et lui passera ses  » petites  » imperfections – par exemple, le fait qu’elle n’est plus en vie!  »
 » En général, le spectateur accueille sans surprise la résolution d’un tel dilemme. Mais il n’y a ni méchant ni victime prédestinée dans cette histoire, et nos trois personnages sont aussi sympathiques l’un que l’autre. On aimerait tant que Victor puisse vivre heureux avec ces deux femmes. On est aussi déchiré que lui.  »

Mike Johnson (co-réalisateur) :

 » L’un de nos principaux challenges fut précisément d’assurer l’unité stylistique et visuelle du film, en veillant à  ce que l’apport de chaque plateau se fonde dans un ensemble harmonieux. Idéalement, il faudrait n’affecter à  chaque personnage qu’un seul animateur, mais l’abondance et la complexité des plans nous ont obligés à  répartir le travail entre une multitude d’intervenants. D’o๠un effort particulier pour aboutir à  un look et un traitement cohérents. Tout cela serait terriblement fastidieux si notre équipe n’était composée de passionnés.  »
 » Une bonne interprétation résulte en fait d’une conjonction de talents. En prêtant sa voix au personnage, l’acteur en définit l’essence. Mais ce n’est encore que la moitié du travail, car il faut maintenant que l’animateur fasse  » jouer  » la marionnette, lui invente les gestes et mimiques qui se marieront à  cette prestation vocale.  »

Peter Kozachik (chef opérateur) :

 » Je respecte marionnettes autant que des acteurs vivants. J’essaie de mettre en avant leurs atouts naturels et de masquer leurs éventuels défauts. Par exemple, le visage un peu plat de Victoria prohibait certains effets ; il ne pouvait être éclairé comme celui de la Mariée.  »
 » Lorsque la Mariée sort de terre et se dresse devant un Victor pétrifié, nous jouons à  fond la  » touche terreur « , avec des éclairages crus qui font penser à  certaines couvertures de comics macabres. Puis la Mariée soulève délicatement son voile, laissant apparaà®tre son beau visage. La touche glamour prend alors le relais, moyennant un recours généreux aux vieilles astuces qui permettaient d’embellir les actrices dans les années trente et quarante : filtres, mini-projecteurs pour faire briller l’Å“il, etc.  »
 » Tim avait posé certaines règles de base : le Pays des Morts ne devait à  aucun moment évoquer l’enfer, ce qui excluait notamment d’employer le rouge ou l’orange. Les scènes du Pays des Vivants sont légèrement statiques, filmées avec un petit nombre d’objectifs, en privilégiant les angles droits. Il ne s’y passe rien de très dramatique, l’impression de sagesse prédomine. Au Pays des Morts, tout va joyeusement  » de travers « , et la lumière provient des sources les plus inattendues. On se croirait volontiers dans un opéra.  »
 » Les Noces Funèbres innove par l’usage de la caméra numérique qui permit aux animateurs de découvrir en durée réelle les résultats de leurs efforts et autorisa des mouvements d’appareil d’une grande souplesse. Ces caméras de petite taille, d’une grande maniabilité, pouvaient approcher les marionnettes de très près et en rendre apparents les plus petits détails. Enfin, le motion-control conférait à  la prise de vue tout le réalisme et toute la fluidité de l’image  » live « .

Alex Mcdowell (Chef décorateur) :

 » Le look du film découle d’une plaisante inversion. Au Pays des vivants règnent la grisaille, l’ennui et la tristesse. Les gens se traà®nent comme s’il n’y avait plus en eux la moindre trace d’espoir, la plus petite étincelle de vie. En revanche, le Pays des Morts est peuplé d’hommes et de femmes bourrés de peps, qui s’amusent comme des petits fous. Le premier de ces univers est gris et austère ; le second est anarchique, chaotique et haut en couleur.  »
 » L’équipe puisa une bonne part de son inspiration dans l’architecture ultra-baroque de Gaudi.  » Nous étions en quête d’un look original et excitant qui se démarquerait des représentations habituelles. Le Pays des Morts a quelque chose d’étrange et d’inquiétant, mais il excite l’envie et la curiosité par son côté fun et conte de fées.  »

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