C‘était une soirée de février. Je m‘en souviens parfaitement car il faisait un froid de canard dehors. Nous étions là , une partie de la w3sh team à  refaire le monde en parlant de nos prochains articles. Il fallait synchroniser nos calendrier et nos passions : Qualifications pour BOTY (Battle of the Year) à  Montpellier, salon de l‘auto de Genève, visites des boites branchées de New York, sortie mondiale de Starwars Episode III… La liste était aussi fun que longue.

Je finis ma « Despe » doucement et tranquillement (la force tranquille est en moi) en regardant Soma expliquer aux autres sa rencontre avec Toon. Je comprend pas tout mais je fais comme si. Les autres ont l‘air de suivre. Faut dire que je suis le dernier rentré au sein du team, du Crew comme ils disent.

D‘ailleurs, il est o๠le Toon ? Déjà  30 mns de retard, et d‘après mes camarades, ça ne lui ressemble guère. Mon impatience est vite calmée 2 mns plus tard. Il rentre dans le lounge du Chai 33 (Cour St Emilion à  Bercy) o๠nous épenchons notre soif avec à  son bras une Déesse…

gadgets, tendances, fashion, musiques, mode, hype, techno, culture urbaine, art

Grande, fine, un sourire éclatant. Je suis sous le charme… « excusez moi, vous connaissez les filles et leurs ponctualités »

« T‘en fait pas Toon, je te pardonne » je lui assène la bouche béante. Les autres acquiessent. Il nous présente. « Zonda, je te présente Anina, une copine, elle est top model »

Okie, ça me paraissait une évidence vu la plante… Je la mate sans vergogne pendant quelques minutes. Elle n‘est pas timide et me fait rire aux éclats dès la première minute. Cette fille à  la bonne humeur communicative. Soma me raconte leur rencontre dans une galerie d‘art un peu trop « Jme la pète grave » de Paris.

J‘ai du mal à  croire que cette fille en connaisse un rayon sur les technologies mobiles comme semble l‘affirmer Toon. à‡a sent le canular, le bizutage du rookie comme on fait dans les campus ricains.

J‘ai envie de lui poser plusieurs questions sur sa trajectoire entre les étoiles de la mode et les nerds de l‘informatique. Trop tard, le bar ferme à  1h45 du mat. On doit partir. Je suis frustré. J‘ai envie d‘en savoir plus, je lui propose une rencontre pour un article dans w3sh. Elle est contente, je regarde Soma avec le regard du teenager qui veut acheter sa première planche de skate… Il est d‘accord. Super !

Le rendez-vous est pris chez elle dans le Marais (je sais, je fais fort pour un premier rendez-vous).

Elle m‘accueille dans une tenue élégante jupe noire, veston rouge, bottine noire. La classe en quelque sorte. Je lui demande de se présenter, et là , le tourbillon déferle. Elle me raconte sa passion pour l‘informatique mobile, ses travaux avec Nokia, ses projets d‘infrastructure wireless pour la RATP, son site Anina.net qui est le « HUB » du tout fashion numérique, et sa passion pour le Yoga.

yoga1.jpg

Je suis impressionné et perdu à  la fois. Elle a un débit si rapide et énergique qu‘il faut avoir le cÅ“ur et les idées bien accrochés (heureusement que j‘avais ramené mon fidèle dictaphone avec moi). J‘ai même eu un doute. Cela ressemble fort à  du « par cÅ“ur ». Je coupe son récit non structuré pour enfin lui poser des questions… pièges. Tout d‘abord sur le fonctionnement du bluetooth qui est un mode de connection sans fils fréquemment utilisé chez les geeks mobiles, ensuite sur les nouveaux téléphones de troisième génération et pour finir je lui assène le coup final avec une question turpide sur l‘installation d‘applicatifs sur mon téléphone Sony Ericsson T630.

gadgets, tendances, fashion, musiques, mode, hype, techno, culture urbaine, art

Les réponses sont aussi rapides que cinglantes. Elle s‘y connaà®t la petite ! Elle passe même les prochaines 45 mns à  me montrer sur son iBook comment il faut faire pour que mes vidéos soient lisibles sur un téléphone. Je me sens un peu con et admiratif à  la fois. « Dude, this girl is a geek ! »

gadgets, tendances, fashion, musiques, mode, hype, techno, culture urbaine, art

Elle recommence son récit sur ses projets et sa grande ambition de faire de son site, la croisée des chemins entre la Mode et la technologie. Elle parle avec passion, mais je décèle un peu de lassitude dans sa voix. C‘est la première fois que son taux d‘adrénaline descend à  des limites plus humaine.

Je comprend vite que c‘est pas un projet si évident. Essayer de marier deux passions qui ne demandent que le divorce. Les gens de la « fashionsphère » ont encore beaucoup de mal à  utiliser les technologies, et encore plus à  les accepter. L‘objet les intéressent que s’il est beau. C‘est un outil de reconnaissance sociale avant tout et non un outil de communication. De l‘autre côté de la barrière, ce n‘est guère mieux avec des geeks qui voient comme un sacrilège l‘adoption des technos pas des « people ».

Bien que la tâche soit énorme, la grande Anina a quand même eu de belles réussites. Elle fà»t présente à  la Mobility Party 2004, ses goodies sont étalés dans le shop tendance « VO » des Galeries Lafayette et on la retrouve dans le dernier Elle Magazine avec de superbes photos. Anina me parle aussi de son dernier projet Fashion 360 ou on retrouve un blog composé de chaque maillon de l‘industrie de la mode (model, agence, scoot, journaliste, photographe…)

gadgets, tendances, fashion, musiques, mode, hype, techno, culture urbaine, art

On se demande o๠elle trouve cette énergie débordante ! J‘ai vraiment sentie que cette belle fille avait quelque chose à  se prouver, ou à  prouver à  d’autres… Sà»rement des épreuves sans doute difficiles avant de s‘accomplir en tant que modèle et icône du monde technologique féminin. Je ne suis pas allé beaucoup plus loin dans mes questions, ne voulant pas me montrer indiscret.

Après deux heures d‘interview, j‘ai trouvé une belle fille fragile et forte à  la fois. Vraiment douée et passionnée dans ce qu‘elle fait et tellement attachante et amusante.

gadgets, tendances, fashion, musiques, mode, hype, techno, culture urbaine, art

On aura plaisir à  suivre ses projets sur w3sh.